Nouvelle Lecture Française

LE PAYS DE NULLE PART OU UNE GEOGRAPHIE DE L'IMAGINAIRE

Pour comprendre dans le détail l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau, il s’agit de mettre en évidence trois champs d’investigation : les figures sociales, évoquées dans la synchronie et la diachronie, ce au sein de la dimension genevoise et cosmopolite : l'œuvre de Rousseau et sa réception qui elle se fonde sur les notions de culte, d’adhésion, d’utilisation politique, de méfiance, de rejet et d’indifférence et enfin l'imaginaire rousseauiste par le truchement de ces figures particulières que sont Voltaire ou Diderot.  

 

Grâce à cette relecture originale d’une figure centrale des Lumières, il s’agit tout compte fait d’envisager la naissance, la construction et le développement de la culture des “ rousseauismes “ ainsi que les enjeux philosophiques et moraux d’adhésion ou de rejet de l’œuvre de ce chantre des Lumières.  

 

Jusqu’à ce moment, la solitude avait été regardée comme affreuse et difficile à vivre mais les nouveaux chrétiens lui trouvèrent mille charmes. Les Anachorètes écrivirent de la douceur du rocher et des délices de la contemplation : c’est le premier temps de la poésie descriptive. Les religieux érudits qui publièrent la vie des premiers pères du désert furent bien sûr à leur tour obligés de faire le tableau des retraites où ces illustres inconnus avaient caché leur gloire. Il est certain que Nature et Solitude sont des thèmes chers à Jean Jacques Rousseau, comme le constate le lecteur des Rêveries du promeneur solitaire.  

 

Somme toute, il y a certaines affinités thématiques fondamentales entre Jean-Jacques Rousseau, Henri Bernardin de Saint-Pierre et certains auteurs chrétiens : nature et solitude en sont des paradigmes. C’est alors que se distingue la discrète figure d’Etienne Pivert de Senancour qui fut élevé à Paris, puis chez un curé de campagne près d'Ermenonville (Oise), à Fontaine-Chaalis, où il se prit de passion pour Rousseau.   

 

C’est en alliant de cette manère à mes savoirs l’interdisciplinarité entre la géographie et les lettres modernes que je puis fonder la problématique de mon article scientifique : faire apparaître la convergence d’idées, la connivence voire l’amitié entre le maître Rousseau et l’épigone Senancour au moyen d’une étude intertextuelle spécifique de la géographie et de l’imaginaire de Jean-Jacques Rousseau, suivie d’une étude comparatiste de la géographie et de l’imaginaire d’Etienne Pivert de Senancour. 

 

 

1° PARTIE: LA GEOGRAPHIE OU L’IMAGINAIRE DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU

JEAN-JACQUES ROUSSEAU, UN AUTEUR SEUL CONTRE TOUS 

 

Rousseau face aux Encyclopédistes Il s’agit d’abord d’explorer  l’univers de Jean-Jacques Rousseau par le truchement de l’étude de la géographie ou l’imaginaire de Jean-Jacques Rousseau qui peut s’appréhender à partir de son unique roman Julie ou la Nouvelle Héloïse. Face aux Encyclopédistes érudits qui affirment la sociabilité de l’Homme et qui détrônent Dieu, Rousseau (1712-1778) apparaît comme un  plébéien trouble-fête qui, après avoir fait un bout de chemin avec eux, définit l’homme comme naturellement bon mais non pas sociable, réclame une vertu exigente qui ne se confonde pas avec un instinct naturel , défend la personne contre l’individu et restaure un Dieu sensible au coeur, appelant sur lui les foudres réservées jusque là aux jésuites et aux jansénistes. 

 

Rousseau, un épigone qui se brouille avec tous ses protecteurs Autodidacte, homme d’esprit développé à la lecture de Plutarque et de romans de chevalerie, citoyen de Genève qui ne peut être vraiment à l’aise que dans une Genève idéale, homme libre et ombrageux qui se brouille avec tous ses protecteurs, il étudie la littérature sur le tard – seulement à partir de trente-huit ans – et génère un chef d’oeuvre : Discours sur les sciences et les arts ( 1750 ), où la fameuse  nostalgie historiciste de Sparte, de Rome et de Genève proclame que la civilisation corrompt. Il renhérit en 1755 avec Discours sur l’origine de l’inégalité qui suggère un homme naturellement bon et heureux mais incapable de le rester en fonction des inégalité naturelles, de l’introduction de la propriété et des premières sociétés. 

 

Rousseau en rupture avec les philosophes Cette rupture ne tarde pas : dès 1757, Lettre sur les spectacles répond à l’article “ Genève “ paru dans une encyclopédie de son époque : cet homme de lettres qui compose pour le théâtre ( Narcisse, 1752 ) et pour l’opéra, qui prépare un roman ( Julie ou la Nouvelle Héloïse ) part en guerre en conséquence contre le théâtre et l’art corrupteur : Rousseau rêve d’un théâtre civique et républicain mais l’état de la société de son époque rend impossible toute refondation du genre. 

 

 

JEAN-JACQUES ROUSSEAU, ETRANGER A LA PATRIE ET A L’EPOQUE 

 

L’évasion dans un autre pays C’est par le biais du roman unique de Jean-Jacques Rousseau - Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761) - que j’entends percevoir la géographie ou l’imaginaire de l’écrivain des Lumières. En effet, en composant ce roman par lettres dont le titre évoque les amours d’Héloïse et de son précepteur Abélard au XII° Siècle, Rousseau a cherché à s’évader au pays des chimères, parmi des êtres à l’image de son cœur. La genèse de ce roman est fort attrayante du fait des échanges entre la vie et l’œuvre de l’écrivain. On est conscient que Rousseau transpose l’aventure qu’il a vécue en 1757 avec Madame d’Houdetot, dans Les Confessions, livre IX. 

 

La quête d’une autre société Il a aussi tenté de retrouver dans la réalité la société charmante imaginée dans sa Nouvelle Héloïse. Ce romancier des Lumières s’est inventé un double, le roturier Saint-Preux, et en a fait le précepteur d’une fille noble en Suisse, à savoir Julie d’Etanges : Julie et Saint-Preux s’éprennent l’un de l’autre au bord du Lac Léman ... Toutefois, M. d’Etanges s’opposera à leur union. Comme le cœur de Julie semble changer par son mariage avec M. de Wolmar, Saint-Preux songe à se suicider. Cela étant, il entreprend un long voyage dans l’espoir d’oublier son amour. 

 

Vers une ascèse étrangère Jean-Jacques Rousseau aura souhaité peindre dès lors une ascèse étrangère - assura-t-il – au mœurs de son Siècle. Partageant avec émotion l’existence modèle que l’on mène à Clarens, Saint-Preux connaît l’épreuve de la tentation au cours d’une promenade sur le lac Léman avec Julie. Celle-là s’étant jetée à l’eau pour sauver l’un de ses enfants de la noyade, Julie tombe malade et meurt en quelques Jours. Dans ce roman – le seul qu’il ait composé - l’intention didactique de Jean-Jacques Rousseau est certaine : toutes les questions sont méthodiquement abordées, à commencer par la gestion d’un domaine. Il en va ainsi des rapports entre maîtres et domestiques ainsi que du décor de la maison et des jardins, sans oublier l’éducation des enfants ... 

 

 

JEAN-JACQUES ROUSSEAU A LA DERIVE 

 

Le retour aux sources Jean-Jacques Rousseau se décrit en perpétuel marcheur et s’imagine à travers son double le roturier Saint-Preux. De maisons en postes de laquais, il arpente les routes d’Helvétie : même s’il met un point d’honneur à ne pas retourner précisément à Genève, il rode souvent aux alentours. Le pays de Vaud ramène ainsi ses pas et plus encore ses pensées. Comprendre la raison d’une telle prédilection revient à se comprendre soi-même et à mieux entendre son projet romanesque. Chaque périple au pays de Vaud suscite une impression composite. Le lecteur comprend très vite que beaucoup d’éléments de cette composition relèvent du souvenir. 

 

La perte des repères Des figures émergent du Passé : la première, M. d’Etanges - puisqu’i y est né - en fait le lieu d’origine, là où l’être se fonde. Le père de Julie, doté du possessif “ mon “ et de l’imparfait du verbe vivre, engendre l’existence individuelle dans sa durée. Quant à Julie, avec le passé simple et les prémices, elle représente le premier événement qui – cela va de soi – s'avère sentimental. Ce qui arrive vraiment arrive au cœur : une fusion originelle entre des êtres et un lieu aura mis le romancier au monde. Toutefois pour Rousseau – Saint Preux retourner sur les lieux ne ramène pas à l’origine : il s’agit bel et bien de faire disparaître la fusion selon laquelle les êtres et le pays semblaient “ faits l’un pour l’autre “. En ce sens, le premier mouvement face à l’inexorable perte s’avère être la nostalgie. 

 

Le désir inassouvi Jamais atteint, le pays de Vaud relance constamment le désir qu’il procure. Pour le Valais d’à côté, c’est pareil. Résidence privilégiée des femmes, le Pays exerce une séduction charnelle ; d’ailleurs c’est l’imagination qui se cristallise. C’est justement et juste grâce à elle que l’auteur de La nouvelle Héloïse peut esquisser comme on le ferait en géométrie un espace pour s’enclore, soit ce verger du Roman de la Rose tout empreint du désir de son personnage principal. Il y a d’abord ce désir de rusticité : “ verger “ et “ vache “ rassasient un goût très rousseauiste pour les mets les plus proches de la nature, tels les fruits et les laitages. Ensuite ceux-là mêmes permettent l’autarcie et finalement un petit bateau rouvre la demeure sur la nature. Cet espace privé, inviolable car imaginaire - où les désirs intimes s’épanouissent - s’avèrent être un paradis. En ce sens, il perd sa spécificité géographique pour devenir un Eden à la dimension du monde, soit le symbole du “ bonheur parfait sur la terre “ ... 

 

Copyright Serge-René Fuchet & Nouvelle Lecture Française, 2026

2° PARTIE : LA GEOGRAPHIE OU L’IMAGINAIRE D’ETIENNE PIVERT DE SENANCOUR

LE PAYS DE NULLE PART OU LA GEOGRAPHIE DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU

 

Le pays indéfinissable En observant néanmoins qu’il y a dans Julie ou la Nouvelle Héloïse de beaux passages en ce genre, Etienne Pivert de Senancour (1770-1846) serait forcé d’en excepter la description la plus importante à d’autres égards que ce livre contienne, celle du Valais ; elle n’a presque rien de caractéristique. Comme Senancour le disait à son entourage, “ Otez les noms ou changez les, vous aurez au besoin une vallée de la Savoie, de l'Oberland ou des Grisons. Enfin ce n’est pas le Valais en particulier, c’est tout au plus la patrie des montagnards “. Jean-Jacques Rousseau avait traversé le Bas-Valais dans sa première jeunesse ; “ J’avais cru qu’il n’avait jamais vu le Haut-Valais “ s’exclame Senancour. Il n’eut d’autre intention, sans doute, que de parler des montagnes. Peut-être eut-il mieux valu éviter de désigner le Valais, mais enfin le lieu précis n’est pas déterminé. Il relève du pays indéfinissable, de la même manière que la puissance du passé n’explique pas à elle seule l’attraction que le pays de Vaud exerce sur Rousseau qui avoue d’ailleurs son impuissance à la définir. 

 

La géographie incertaine Tout en construisant sa géographie et son imaginaire, Etienne Pivert de Senancour conçoit l’inutilité de la description dans Julie ou la Nouvelle Héloïse : la situation “ près du lac “ reste vague. Les noms évoquent plus qu’ils ne cernent. Par exemple, les démonstratifs investissent ce qu’ils désignent d’une intensité qu’ils renoncent à évaluer : le lac devient “ ce lac “, à la fois essentiel et indéfinissable, le pays de Vaud - “ ce pays-là “, unique et mystérieux. On finit par s’interroger : quel lac, quel pays ? Leur situation géographique paraît incertaine.  

 

Le pays de Jean-Jacques Rousseau Ceux-là seuls ont tort peut-être qui sans songer que c’est une peinture vague et qu’il fallait seulement que Saint-Preux allât dans les hautes vallées, veulent puiser des connaissances locales dans une source trop poétique. En tout cas, le Valais – en Suisse – les montagnes du Valais, le pays, c’est bien là-bas qu’Oberman vagabonde à vingt ans ! Le Valais, en Suisse : “ le pays de Jean-Jacques “ ! Le mode d’émergence de formes et idées qui dans leur entrelacs génèrent la géographie et l’imaginaire d’Etienne Pivert de Senancour est fascinant ... et quel épigone ! 

 

 

2. L’ENTRELACS DE L’IMAGINAIRE ET DE LA SOLITUDE 

 

L’écrivain d’un seul roman Essayiste, publiciste, historien, romancier, esprit indépendant proche des Romantiques, ami de Charles Nodier (1780-1844), de Georges Sand (1804-1876) et de Jean-Jacques Rousseau dans les livres parce que son épigone, Etienne Pivert de Senancour est principalement pour l’histoire littéraire l’écrivain d’un seul roman, Oberman. Mais Rousseau n’est-il pas aussi l’auteur d’un seul roman, Julie ou la Nouvelle Héloïse ? Oberman est paru à Paris en 1804 : ce roman a précisément la réputation d’avoir été conçu sous l’influence de Rousseau, tel une imitation de Julie ou la Nouvelle Héloïse, parce que c’est également un roman épistolaire. Il est formé de quatre-vingt-onze lettres que le héros, Oberman, adresse à un ami entre sa vingtième et sa vingt-cinquième année. 

 

Un “ homme des hauteurs “ Rédigé de 1799 à 1801 et publié en 1804, ce roman s'avère de facto être une suite de lettres adressées dix années durant par le narrateur, dont le nom – Oberman – signifie “ homme des hauteurs “ : position idéale pour un point de vue interne ... Ces lettres sont destinées à un ami dont le lecteur ignore le nom. Ce roman de Senancour – en partie parce qu’épistolaire - n’offre pratiquement pas d’intrigue parce qu’Oberman, ce jeune homme solitaire et désabusé, fuit devant l’action ou plus exactement évite de s’immiscer dans un processus narratologique : il s’agit de l’exposer au lecteur en tant que personnage solitaire savamment distancié de tout entourage en action. Ainsi à l’âge de vingt ans, afin de ne pas livrer sa vie à des ennuis intolérables et parce que sa vie réelle d’homme est e lui-même, il refuse ce que lui proposait sa famille et s’expatrie en Suisse. Or cela n’est autre que “ le Pays de Jean-Jacques “ où il a passé l’été à vagabonder dans les montagnes du Valais. 

 

Un destin solitaire Expliquant les raisons de son départ, Oberman analyse ensuite son inadaptation à la société de son époque (an I). Des affaires l’appellent à Paris mais cette capitale l’ennuie. A la belle saison il se réfugie dans la forêt de Fontainebleau. Viennent les aventures avec Madame Del (ans II et III). Ses promenades et ses rêveries, ses réflexions sur la vanité de la vie et l’impossibilité du bonheur font la matière de ses lettres : une longue crise assaille le héros au cours des ans IV et V. Un moment, il croit retrouver l’équilibre (ans VI et VII) : un héritage permet à Oberman de retourner en Suisse tel un individu aisé. Toutefois il doit continuer d’assumer son destin solitaire. C’est bel et bien toujours seul et porteur du regret d’un amour contrarié qu’il s’apprête à écrire, en homme qui ne prétend pas vivre mais seulement s’affirmer en observateur de la vie devant soi. 

 

 

3. LA GEOGRAPHIE DE L’IMAGINAIRE DE SENANCOUR 

 

Une géographie de l’Imaginaire Pour rester lui-même, Oberman tente d’échapper aux conditions matérielles de la vie : non point comme Henri Bernardin de Saint-Pierre en s’évadant vers des pays lointains mais d’une autre façon qui consiste à transcender l’espace et le temps pour accéder à l’éternité. Ainsi semble s’esquisser la véritable géographie ou l’imaginaire d’Etienne Pivert de Senancour par le truchement de son Oberman: un univers au-delà du Réel et hors du temps. En ce sens, comme Rousseau qui se dédouble en Saint-Preux dans La Nouvelle Héloïse, Senancour paraît se dédoubler en Oberman : le héros romantique n’est que sa propre image, celle de celui qui construit inlassablement sa géographie et son imaginaire à partir du pays de nulle part, du “ pays de Jean-Jacques “. 

 

Aux confins de l’autobiographie Oberman est certes un roman mais bien davantage un roman autobiographique d’introspection psychologique à l’instar des Confessions de Rousseau. De la même manière, la confrontation des sentiments et des spectacles naturels y tient une place importante. A cet égard, dans un texte intitulé Du style dans les descriptions écrit pour le Mercure de France en septembre 1811, Senancour traite de quelques textes descriptifs de grands écrivains : Bernardin de Saint-Pierre, Buffon, Chateaubriand ou Rousseau. Il revient précisément dans son texte sur le thème littéraire de la description dont il dénonce certains clichés. Et alors Sainte-Beuve de qualifier Senancour de “ grand paysagiste triste “ : l’auteur d’Oberman nourrit sa mémoire de ces mots qui peignent avec profondeur la physionomie des lieux. Cet écrivain français né à Paris en 1770 et mort à Saint-Cloud en 1846 avait à l’image de Rousseau le don de décrire les grands jardins romantiques de la fin du XVIII° Siècle à l’instar de celui d’Ermenonville dans le département de l’Oise, ce sur le territoire français. 

 

Senancour d’abord, épigone après  Dans le Mercure de France en septembre 1811, Senancour publie un article consacré au style dans les descriptions : “ Sur les campagnes éclairées encore par le soleil couchant, une sorte de tristesse, amie du repos, étend déjà ses ombres, mais les couleurs de la jeunesse ou du printemps, la vivacité de l’espérance et toute la force de la vie animeront le lever du soleil. Un peu séduit, je pense, par le nom de Rousseau, on a cité comme une sorte de modèle un passage de l’Emile sur l’aurore (au livre III) ; on y trouve de la fraîcheur et une teinte convenable au sujet. C’est beaucoup sans doute, d’autant plus qu’en cet endroit, il n’est pas probable que Rousseau ait mis beaucoup d’importance à peindre le lever du soleil ; mais quand on veut admirer l’auteur de l’Emile, ce n’est pas au petit nombre de descriptions contenues dans ses ouvrages, qu’il convient de s’arrêter particulièrement. “ Donc, si on a enfin pu trouver un épigone qui aurait pu être l’ami de Rousseau en la personne d’Etienne Pivert de Senancour, on doit quand même y mettre le holà. 

 

 

Copyright Serge-René Fuchet & Nouvelle Lecture Française, 2026

POUR CONCLURE

Cette étude littéraire aura présenté l’intérêt de distinguer l’auteur d’Oberman - Etienne Pivert de Senancour – en tant qu’épigone de Jean-Jacques Rousseau. Mais surtout, elle aura permis de comprendre que ce n’est pas parmi les contemporains de “ Jean-Jacques “ que se trouvent les adeptes de Rousseau mais au sein de toute une génération qui s’est formée dans la lecture des Confessions, des Rêveries du promeneur solitaire ou de La nouvelle Héloïse : pour la première fois, le “ moi “ prenait la première place au sein de la littérature française. Par-delà, c’est toute une nouvelle sensibilité qui se libère, ouvrant la voie à l’exploration de domaines jusqu’alors inconnus. Parallèlement à cet apport capital, Jean-Jacques Rousseau a donné son essor au Romantisme : nul écrivain qui, entre 1800 et 1830, n’ait été enthousiasmé par La nouvelle Héloïse. Et somme toute, Etienne Pivert de Senancour est de ceux-là.  

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